L’oeuvre de Lacan. Cours de J.A. Miller du 19 janvier 2011.

« Les tweets du cours de JA Miller ne valent pas pour être le prononcé du cours. Ils sont une adaptation en direct pour Twitter des propos de JA Miller. » Luc Garcia

L.Garcia
Timecerise L.Garcia
Coucou. On ne sait pas à l’avance si un cours est livetweetable !
Un cours de JA Miller, théâtre Dejazet

L’année dernière, c’était « vie de Lacan ».

Cette année, ce sera l’œuvre de Lacan.

Y-a-t-il une œuvre de Lacan ?

Bon, tt le monde arrive en retard et c’est maxi bazard. Inaudible.

Lacan n’a jamais proposé de menu que sous la forme d’un feuilleton. Ce feuilleton, c’est celui de son Séminaire.

Actualisons cela, poursuit JA Miller, avec les séries américaine où l’on voit les memes personnages partir pour de nouvelles zaventures.

S’il y a quelque chose comme cela chez Lacan, le Séminaire est ceci. Pas moins de 25 livres, comme je -JA Miller is speaking- les ai appelés

Avant les 25, on compte 2 séminaires, donnés dans l’intimité de sa maison, sur l’homme aux rats et l’homme au loup.

3 séminaires après le « moment de conclure » sur la topologie des nœuds.

Il n’en reste que peu de ceux là, ce dont témoigne la sténographie et dont JA Miller a pu sauver quelques fragments.

Tout cela, une amplitude de 30 années, de 1951 à 1981, l’époque lacanienne de la psychanalyse dirait-on.

Et 30 années pour que la somme soit là, et nous y sommes. Presque. Pour que ce soit publié.

Les 3 sur la topologie seront publiés en annexe du moment de conclure.

Les 2 premiers seront publiés avec le Séminaire ultime sur la dissolution.

Les seminaires 21 et 22, les noms du père et RSI, en 1 volume. Les 24 et 25 en 1 volume aussi.

Le volume qui réunit les 2 premiers et le dernier sur la dissolution s’intituleront « aux extrêmes du Séminaire ».

L’éditeur veut en faire paraître 1 par an. JA Miller, 2. Il faudra se manifester, ce sur quoi JA Miller escompte, auprès de l’éditeur.

Lacan ne s’est pas pensé comme un auteur. Il ne disait pas mon œuvre.

Il était à la position d’un enseigneur.

Qu’est ce qui distingue un auteur d’un enseignant ? L’auteur a des lecteurs. L’enseigneur a des élèves. L’auteur parle pour tous…

… l’enseigneur, pour quelques uns.

Les quelques uns

qui ont formé l’adresse

L’adresse de Lacan

Cette adresse, ces quelques uns

C’étaient des psychanalystes.

Lacan a limité son adresse

à des psychanalystes, qui se déplaçaient, qui apportaient leur corps, comme on doit l’apporter à une séance.

Si, du vivant le Lacan, la publication du Séminaire a tant tardé

Jusqu’à ce que je vienne

Ce n’est pas seulement une raison de compétence.

Il y avait une raison à ce que cela ne soit pas offert au tout venant.

Lacan les accumulait dans un petit placard

Rue de Lille.

Un petit placard qu’il a ouvert.

Une occasion qui ne vint que tard

Un autre qui a pris sur lui cette transformation, de passer de ce qui fut audible, + ou -, au lisible. Universalisation.

Lacan, certes, a été auteur.

Les Ecrits, et les Autres Ecrits.

Il a commencé à écrire avant de faire séminaire. Les Ecrits sont autant de dépots et de cristallisations, de rebuts du séminaire.

Ce sont des vocations qui ont suscité de boucler par Ecrit, sous le coup d’une demande.

Les écrits ont aussi une adresse, celle de ceux qui lui demandaient d’écrire.

Television, JA Miller a demandé d’écrire. La pensée ne tenait pas en place, c’était pas possible de faire des raccords filmés.

Les écrits, c’est donc des demandes. Des préfaces, des congrés… Des zoCcasions.

La rédactions des écrits répond à une contingence. Le Séminaire est une nécessité, on dirait…

… interne.

Désormais on lira Lacan dans une dialectique entre les Ecrits et le Séminaire.

L’ensemble des Séminaires complété change après coup la nature des éléments.

Loin de moi, continue JA Miller, de dévaluer les écrits de Lacan.

Certains disent l’écrit de Lacan illisible.

Bof. Pas vraiment.

Lacan distingue avant la philosophie contemporaine, le singulier de l’écrit, par primauté de l’écriture.

C’est par écrit que Lacan fixe les éléments de sa doctrine, sépare le bon grain, ce qui mérite d’etre préservé, isolé.

Dans ses écrits, partage par Lacan, entre ce qui mérite d’etre préservé et ce qui impose d’etre dans son placard, si on peut dire.

Je dévalorise d’autant moins les écrits de Lacan que j’ai connu Lacan par ses écrits. Sur les conseils d’Althusser, en 62.

Le séminaire c’est le lieu.

Le lieu de l’invention

De l’invention d’un savoir.

Le 21 nov 1963, Lacan adressait une lettre à Althusser – pour y obtenir une salle.

« Les voies d’une dialectique dont l’invention fut pour moi une tache merveilleuse » disait Lacan à propos de son séminaire. La joie sienne.

On peut même dire la jouissance.

Ma tache à moi (JA Miller) est aussi une tache merveilleuse.

Ça va me manquer

Une invention qui suppose une adresse à des psychanalystes.

C’est un thème récurrent d’ailleurs que la mise en question de la qualification des psychanalystes.

Ce n’est pas toujours d’ailleurs sympathique.

Dans le Séminaire l’identification, Lacan dit plusieurs fois « pour vous ». Un hommage.

Mais à l’intérieur de l’hommage, qu’est-ce qu’il les traite mal.

Ils oublient, il faut insister.

En même temps, néanmoins, sont les témoins de l’invention. Ce sont eux qui peuvent témoigner de l’adéquation de Lacan avec l’expérience.

L’expérience, analytique.

Le séminaire se tient sur fond de communauté d’expérience.

Qu’ils n’y comprennent rien, c’est une chose. Peu importe, ils sont en contact avec la chose.

JA Miller : j’ai dit que j’établissais un texte.

Mais dont le texte n’existait pas.

En latin, on dit « texte établi par ».

Ici, l’original n’existe pas.

Il y a la stenographie.

Si l’original n’existe pas, ce n’est pas lié à la qualité de la stenographie

C’est qu’au départ, c’est oral.

La stenographie différencie nettement le cour oral du cour écrit.

Si on reproduit une divagation telle quelle, on a un charabia

Il ne s’agit pas de restituer dans mon travail (JA Miller) le séminaire. S’agit de retrouver ce que Lacan a voulu dire et qu’il n’a pas dit.

Evidemment, c’est risqué.

Le signifiant résiste à l’intention de dire.

En se soustraillant de la dictature de ce qu’il en reste dans la stenographie.

Par exemple, ce qu’il dit pendant qu’il dessine… Là, c’est bien l’intention que l’on peut restituer. C’est une traduction de Lacan.

Lacan ne parlait que dans une langue que pratiquait un seul.

C’est seulement dans le mouvement que de le faire, le texte, qu’apparaît, que m’apparait, la trame si serrée de Lacan.

Une succession de choix qui détermine l’architectonique, au sens de Kant ;

Emblème au seminaire sur l’identification où s’aperçoit le savoir en train de se faire.

Un tore.

http://bit.ly/dFNZcW

Lacan en proposant un usage métaphorique du tore, en fait le lien de la demande et du désir. La demande qui se réitère.

Un trou central est infiniment entouré par les tours de la demande.

Le trou central est dessiné et s’y loge l’objet du désir.

Les volumes du Séminaire se réitèrent chaque année comme les tours, et sont l’entoure d’un vide central.

Comment procède Lacan ?

Il procède par argumentation.

Pour un grand nombre, Lacan est une sorte de prophète romantique.

Et c’est vrai que des fois, on sent un peu cela, les violons, etc… Dés que ça part comme ça Lacan arrete aussi tôt.

Dans les seminaires de la première période, on sent une dialectique d’inspiration hegelienne.

Il y a aussi chez Lacan une argumentation d’avocat, il plaide une cause.

Une argumentation de rhéteur. Il sidère les objections.

Lacan, pour valider orientation, peut faire feu de tout bois. Une stratégie de rhéteur tout à fait précise.

Ma traduction de Lacan poursuit JA Miller s’oriente de la mise à jour d’une argumentation.

Et j’en ai assez fait pour savoir que l’argumentation y est.

Avant, je laissais d’avantage le lecteur s’en débrouiller, ou je le faisais d’avantage dans mon cours ce débrouillage.

Dans les 8 seminaires restant, j’ai essayé plus de clarté.

En pensant que si je ne le faisais pas, personne ne le ferait.

J’ai fait cela avec la jubilation de l’archeologue. Remonté de l’atlandide

Si détordue et si complétée que soit l’argumentation de Lacan, il y a à y mettre du sien.

Fichte, élève de Kant, écrit :

« On dit qu’on doit compter avec l’activité autonome de l’autre. Or, on ne doit lui donner la pensée déterminée, mais la pensée elle-meme ».

NDLTimecerise : on la prend avec pincettes la citation, hein d’accord ?

Qu’est ce qui le réel à la fin, c’est cela la question des psychanalystes, dans la dimension des paroles, dans ce qui se charrie

ce qui se charrie … Dans une analyse.

Dans les tours spiralés du séminaire, qu’est ce qui reste, du réel.

Ce qui reste du réel, c’est le noyau symbolique, incarné par la phrase.

à l’oCcasion

… Le symbolique est le réel de l’imaginaire dit Lacan

Das ding, la chose, la pulsion.

Dans le fil du Séminaire de Lacan, ce sera cette année cette question : Qu’est-ce ce qui à la fin est réel? Pour Freud, c’était la biologie.


tinetwitte valentine dechambre
@Timecerise merci Luc ! la citation de Fichte in Doctrine de la Science « on doit compter avec l’activité autonome de l’autre et lui donner

… »non pas cette pensée déterminée, mais seulement les indications pour la penser lui-même » merci +++ encore pour ce direct




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1 commentaire

Classé dans L'oeuvre de Lacan - JAM 2011

Une réponse à “L’oeuvre de Lacan. Cours de J.A. Miller du 19 janvier 2011.

  1. Pingback: 1° cours de jacques-alain miller, 19 janvier // l’enseigneur, son traducteur et le vide central | L'être et l'un

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