les tweets du cours de JAM du 17 mars 2010 par @Timecerise

Mercredi 17 mars 2010

Merci à Luc Garcia (@Timecerise) de nous faire profiter via Twitter du cours inédit de Jacques-Alain Miller, « Vie de Lacan »…

« Les tweets du cours de JA Miller ne valent pas pour être le prononcé du cours. Ils sont une adaptation en direct pour Twitter des propos de JA Miller. » (Luc Garcia)

C’est parti

Je me suis la dernière fois (jam) arraché cette phrase qui a retenu l’attention. On m’en a félicité.

2 ou 3 s’en sont inquiété. Sans compter celui qui s’en est indigné. Quand j’ai parlé de la paranoia renoncée de Lacan.

J’ai décidé de lacher ça, quoiqu’il m’en ait couté.

Je maintiens.

Je maintiens cette paranoia renoncée. Je rassure les inquiets sur le point que Lacan n’était pas paranoiaque.

Je prends ce risque alors que Lacan est entouré de toutes les calomnies.

Ces phrases sont pourtant moins suspectes que l’éloge de Lacan, qui repose sur des malentendus.

Les calomnies, leur défaut, c’est qu’elles ne vont pas assez loin. Lacan mérite qu’on le traite sur un plus grand pied.

En vérité, c’est un espoir que Lacan reste définitivement inavalable par l’opinion commune. Qu’il reste ingérable. Dans la mort comme dans

ce qui fut sa vie. On s’en plaignait assez qu’il ne se laissa point manoeuvrer. Qu’il conduise les différents jusqu’au point de rupture.

Qu’il soit immodéré. Qu’il repousse les arrangements. Son enseignement est scandé par ses refus.

Il ne prend pas son parti des résistances qu’il éprouve pour en justifier quelque tempérament que ce soit.

Il relance sa mise initiale en la maintenant au niveau de la même incandescence.

Une analayse est faite pour vous changer en vous même. Pas d’objection à dire que c’est la visée d’une analyse ça.Emergence du tel qu’en soi

Tel qu’en soi même.

Ce qui se laisse énoncer en 5 heures de temps, dans ce que l’on appelle la passe, où l’on expose en quel soi même elle vous a changée, va..

..plus loin qu’un diagnostic.

La clinique est faite essentiellement pour rassurer le thérapeute.

L’analyse, ça va bien au delà de la clinique. On s’enfarine de la clinique psychanalytique, mais on abat ce que l’exp a de + aigu.

C’est la valeur que je donne au tout le monde est fou. Un au delà de la clinique. Ça dit que tt le monde est traumatisé.

Il y a quelque chose qui est pour tout le monde, pour ceux qui sont de l’espèce parlante. Cx qui ont parole et le langage pour fct de champ

Même s’ils se taisent…

C’est au niveau de l’universel, de la nécessité. On peut LE démontrer quand on pose au depart les axiomes qui conviennent.

Lacan a utilisé le tableau pour montrer cette nécessité du trou concernant ce que Lacan a appelé l’univers du discours.

Cet univers manque de fondement, tremble sur sa base, ne se boucle pas. Ce trou discursif se répercute comme ouverture.

Le trou, on se sent asphyxié. L’ouverture, on respire. Le trou et l’ouverture, c’est corrélatif.

Quand vous écoutez quelqu’un en analyse, vous etes de retrouver ce trou, mais vous remarquez que ça se présente differemment pour chacun.

ça se différencie au niveau de chacun. Et ça, c’est du registre de la contingence.

ça ne se déduit pas. ça se constate.

Pour le sujet, ça se rencontre. De manière hasardeuse. Et ds ts les cas, pour tt le monde. Place faite au hasard d’une rencontre.

Ceux qui viennent en analyse témoignent d’une espèce qui patit d’un trou discursif et est livrée à la contingence.

Ce trou, c’est ce que Lacan a décoré de l’expression de ce qui ne ne cesse pas de ne pas s’écrire.

Ce qui ne cesse de ne pas s’écrire, ça diffère toujours. ça s’examine un par un. Tout le monde est fou ce n’est pas comme la phrase célèbre

« Toutes les vaches sont grises ou noires ».

ça veut dire, tout le monde est fou, que c’est TOUJOURS singulier. Lacan n’a pas inventé la passe pour classer les sujets.

S’il s’agissait de classer, il n’y a que la classe universelle, tout le monde est fou.

Si l’on classe, c’est avec l’utilité qu’on lui souhaite.

Au terme d’une analyse, chacun est une exception. Ce que nous appelons du nom propre de Lacan, Jacques Lacan, c’est quoi ?

C’est quelqu’un qui, de son vivant, s’est assumé comme une exception. Et s’assumer comme une exception, c’était sa façon de renoncer à…

… de renoncer à la paranoia, après une vie passée à être Autre malgrés la loi.

Ça évoque un mot d’esprit que je voulais évoquer, d’Heiddegger quand il a évoqué une fois Aristoste.

Aristote est né. Il a vécu. Il est mort. C’est l’essence d’une biographie.

Le destin d’un philosophe ne se distingue pas des autres animaux, et ça ne dit rien de la pensée. La pensée, par ces phrases, est d’une

autre dimension. De surcroit, à cette vie. Rien n’est plus distinct sur ce qu’est une vie que la persp analytique.

Vivant, il a joui, avec une modalité qui n’était qu’à lui. Sa pensée était solidaire de sa jouissance.

Aristote, auquel Lacan n’a pas cessé de se rapporter, Aristote à portée de la main, il y avait quelque chose de ça.

Chez Lacan, dans la bibliothèque où il y avait des dicos de langue, il y avait Aristote. C’était pour lui une sorte d’usuel.

L’index de la doxa par rapport à laquelle il se singularisait.

Lacan s’efforce de sortir la psychanalyse de la prison aristotélitienne dans laquelle elle est réduite.

Il s’agissait d’une extraction hors Aristote.

Pour Aristote, la pensée tient au corps. Lacan pose la pensée comme ex sistente à l’ame, par rapport à ce qui serait autrement 1 recherche

Une recherche d’harmonie. Son étalon à Aristote, c’est cette harmonie. L’hygiène est aristotélicienne.

Dans les manuels où l’on cherche un comment faire entre ame et corps part du principe d’une totalité.

Jusqu’à dire parfois que l’ame est cette totalité même. La psychanalyse s’inscrit en faux contre cette sagesse des siècles.

Pour Lacan, dans la paire ame / corps, la pensée vient de l’extérieur.

ça conduit à dire que la pensée vient, comme la jouissance, en trop. Congruence avec la pensée-jouissance.

La pensée témoigne d’un embarras d’avec la jouissance. Ce serait mëme un traitement.

L’expression vie de Lacan conduit à s’interroger sur la pensée de Lacan.

Avec vie de Lacan, la pensée s’attrape par un angle inédit.

J’ai professé la pensée de Lacan pour tous, dans cet enseignement que j’exerce avec une certaine tenacité.

Je ne vois rien à regner de cet effort, mais je suis conduit à passer à la vérité subjective de Lacan. La pensée de Lacan…

…Comme traitement de la jouissance, impliquant son sinthome, son mode de jouir.

Dans son TDE, lui aussi fait une place avec ce qui pourrait être son sinthome.

Je ménage mes pas parce que je veux arriver à tenir le fil. Je m’aperçois de tout ce que j’ai laissé tomber.

La pensée de Lacan, il n’allait pas de soi que ça prenne la tournure d’un enseignement. Il s’y est mis tard. A partir de 1951.

Ce n’était pas une vocation de jeunesse. Il faisait porter l’accent sur « on lui a demandé ».

S’agissant de Lacan, je ne vois pas pourquoi on lui refuserait que cette réticence ait été authentique.

Dans son discours passe l’ombre d’une jouissance solitaire du savoir. On a des témoignages de ça chez les gds mathématiciens.

Par exemple Gauss, des trouvailles extraordinaire, qui donnent naissance à des dev fameux, mais qui étaient gardés sous clé.

Il y a un certain gardé pour soi, une certaine rétention. Pourquoi partager ?

Ce qui est gommé dans la chaleur du Séminaire, est assez pregnant, ce qui l’a empeché avant 50 ans. ça a commencé au 3 rue de Lille.

NB twitterliseurs : c’est bien le 3 rue de Lille, c’est chez Lacan, à domicile, le cabinet, c’est au 5. J’y retourne.

La relation savoir enseignement pour Lacan n’est pas évidente.

Le savoir est + que ce que l’enseignement imagine.

L’enseignement est un obstacle au savoir.

L’enseignement pour l’analyste, disait Lacan, est un obstacle à ce qu’il sache ce qu’il dit.

Ceci, parce que l’interprétation n’est pas enseignement.

L’analyse en tant que tel n’a rien à faire de l’enseignement. C’est ce qui est difficile dans la pensée de Lacan pour tous.

Un écrit de Lacan, c’est une interprétation. ça prend effet de sa conjoncture. C’est ça, sous le chef de l’orientation lacanienne.

S’évertuer, pour JA Miller, à détacher l’enseignement de la conjoncture.

Ce qui est pour l’orateur de l’ordre de l’interprétation, Lacan, ayant créé une école, n’a pas voulu de disciple.

Si Lacan avait voulu être comme ça, comme le disent le cliché, avec disciples, il aurait été homme politique.

Comme il me l’avait dit : « vous êtes gauchiste mon cher, mais alors soyez Lénine ! ».

En fév 1967, Lacan reçoit Jackobson, et lui demande quelles conséquences ça a de se former à la linguistique. RJ essaie de ne pas répondre.

RJ esquivait. « Mon ami est merveilleux, mais je répondrai la prochaine fois que je viendrai à Paris ». Lacan insiste.

Il parle d’inflexion…

Et Lacan de dire que la psychanalyse dissout le concept même de disciple. « Notre parole n’exige pas de disciple ».

Au delà de l’enseignement, Lacan vise un effet subjectif.

Quand Lacan nie le statut du disciple, en 67, son Ecole a 3 ans. Cette fondation est renoncement à la solitude. Il s’agissait d’1 concession

Solitude renoncée exception assumée.

Comment Lacan présent-t-il ce mouvement de fondation d’une école ?

Il s’agit de ceux pour qui son enseignement est plus précieux que l’inscription à l’IPA. Un groupe en mal d’issue.

Lacan a choisi ceux qui ont préféré Lacan. S’il y a du collectif, on ne choisit pas la démocratie.

Un certain nombre qui défère à cette exception, il leur fait la grace de répondre par l’Ecole.

Le désir de Lacan, c’est d’accéder au statut de sans rival. De sa passion de l’exception, il en a fait le statut de la psychanalyse.

Son sinthome à Lacan, il le crie, c’est la solitude, qui a trouvé à se sublimer en exceptionnalisme.

Lacan a été heurté, assiégé, sollicité par la paranoia. Il s’agit d’un thème récurrent. Sa thèse, son 1er enseignement…

…sa première intervention dans un congrés, c’est le stade du miroir, le complexe d’intruision, « lorsqu’il se connaît des frères ».

Le stade de miroir comme expérience de paranoia primitive, renconcée plus tard ou sublimée dans le synbolique.

Quand il entreprend de traduire Freud dans les années 30, il prend un texte sur la jalousie. L’agressivité constitutive du sujet.

Il conçoit la psychanalyse en termes paranoiaque, comme paranoia dirigée.

Le trauma c’est l’émergence de l’autre, l’invention de l’Autre peut passer pour le traitement de la paranoia.

En même temps que Lacan s’adresse à un autre,il y a tj un ennemi,celui qui ne comprend pas,celui qui n’entend pas, les conformismes hostiles

Le mathème comme remède à la paranoia. à 13 ans il reproduisait l’architecture logique de l’ethique de Spinoza.

Statut primitif du sujet. Applaudissements. A la semaine prochaine.

@paolarug @lilanypacheco @necessepas @allerarome @just_1mo @greypilgrim2003 @Bonmine @midite @laBrodsky @isagalland Merci des encouragements

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2 Commentaires

Classé dans Vie de Lacan - Jam 2010

2 réponses à “les tweets du cours de JAM du 17 mars 2010 par @Timecerise

  1. Bravooooooooooooooooooooooooooooooooo

  2. Bravoooooooooooooooooooooooooo

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